Entraînement : Les feintes Juin 03
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C'est une série de
plusieurs articles que le site vous propose sur la Canne de Combat et
le Bâton
grâce au travail d'entraîneurs confirmés
de la discipline.
Aujourd'hui vous est présenté le travail personnel
de Hélène
Bourgeois et Bertrand Dubreuil, sur la feinte. |
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Faire une feinte, c’est donner une fausse indication à son adversaire afin de
l’égarer. C’est chercher à le désadapter.
Première étape : j’installe un comportement donné.
Exemple : j’arme un latéral extérieur et je le porte.
Je crée une habitude.
Deuxième étape : je réévalue ce comportement,
j’y apporte une variante afin de créer la confusion. J’arme
le latéral extérieur et je peux le transformer en brisé.
Je feinte le premier coup. Je donne ainsi l'illusion de porter un coup et
j’en porte un autre. C’est le classique changement de trajectoire.
Règle d’or : l’armé du coup feinté doit être
parfait afin de ne pas dévoiler le caractère de feinte du coup,
c’est-à-dire coup avorté puis transformé. Rien
ne doit indiquer que le coup ne sera finalement pas porté directement.
L’adversaire doit être convaincu que le coup feinté va
le toucher. On l’amène ainsi à adopter une attitude défensive
(parade ou esquive) inadaptée au coup qui suit. L’autre avantage
d’un armé parfait, c’est que le coup armé peut être
porté tel quel. Dans le cas contraire, on est dans de la manipulation
de canne (voir les quelques exemples pour illustration).
La feinte suit alors le principe adaptation-désadaptation. En assaut, une feinte est d’autant plus efficace qu’elle se loge
dans un enchaînement de coups.
La plus simple consiste à répéter une séquence
donnée afin d’habituer son adversaire. Changer un seul élément
est déjà une feinte.
Selon le même principe, il est possible d’introduire dans un enchaînement
de coups quelques-unes des feintes répertoriées ci-dessous.
La première feinte c’est le salut : c’est une feinte d’enlevé suivi
d’un croisé bas.
FEINTES DE ZONE DE FRAPPE
Feintes de trajectoires ou feintes de coups (changer la trajectoire initiale
de la canne)
Quelques exemples :
- Feinte de croisé tête transformé en latéral croisé
- Feinte de latéral extérieur transformé en brisé
- Feinte de latéral extérieur transformé en croisé tête
- Feinte de latéral croisé transformé en brisé
- Feinte de croisé tête transformé en croisé bas
- Feinte de brisé transformé en enlevé
Feintes de niveau de frappe ou feintes de corps
Un mouvement de corps indique une frappe en ligne basse
alors que le coup est porté en ligne haute.
L’exemple : développer un latéral croisé en jambe
puis remonter en tête ou en flanc.
Il est possible de doubler voire tripler cette attitude tout en changeant
le niveau de frappe final c’est-à-dire tête, flanc ou… jambe.
Il est aussi possible d’avoir la même attitude au sortir d’une
volte simple (double ou triple ?)
Attention ! la trajectoire horizontale de ces coups ne doit en aucun cas être
arrondie.
Un mouvement d'une frappe en ligne basse sur la jambe
arrière alors
que le coup est porté sur la jambe avant.
L’exemple : développer un latéral extérieur en
fente avant sur la jambe arrière puis passer sur la jambe avant en
fente arrière tout en évitant la parade de la jambe arrière.
Autre exemple : en garde droite, effectuer une volte à droite en pivotant
sur la jambe avant, interrompre la volte au tiers de son développement
puis revenir en latéral extérieur pour toucher une jambe.
FEINTES DE RYTHME (varier la vitesse des coups)
Sur une même trajectoire, il peut y avoir changement de
vitesse lors du développement d’un coup sans que cela soit exagéré de
façon à respecter le règlement qui stipule qu’un
coup doit être à peu près constant dans sa vitesse. Cela
laisse un doute à l’adversaire quant au délai d’arrivée
de la frappe choisie.
Le but : gêner l’esquive riposte de l’adversaire.
Pour cela, il faut habituer l’adversaire à un rythme élevé sur
un coup afin d’induire une riposte rapide quasi-automatique. Puis en
portant le début du coup avec la même vitesse rapide mais ralenti
en fin de course, l’adversaire, déjà parti sur sa riposte
( il l’a anticipée ) va laisser une surface de frappe découverte.
Deux coups permettent ce type de feinte : brisé, latéral extérieur
flanc. Le changement de vitesse peut être également la variation de
vitesse entre différents coups d’un même enchaînement.
Exemple : après un latéral extérieur figure rapide, le
tireur enchaîne avec un latéral extérieur flanc plus lent.
FEINTES DE DEPLACEMENT
Pour surprendre l’adversaire dans son positionnement.
Rompre la distance en entrant dans le champ d’action de l’adversaire, « le
traverser », s’en écarter soit en gardant une trajectoire
linéaire soit avec un déplacement latéral et à distance
de frappe, le coup est porté.
Intérêt : éviter la touche dans la rupture de distance
et tromper l’adversaire grâce à l’écartement.
L’exemple : surprendre l’adversaire au sortir d’une volte
par le choix en dernier instant de la zone de frappe (ligne haute ou basse).
FEINTES DE POSTURE
Le but : montrer à son adversaire une fausse faiblesse (garde
trop haute ou trop basse) pour l’inciter à déclencher
une attaque vers cette zone découverte. Comme ce comportement est induit,
on prévoit
la contre- attaque.
L’exemple 1: Le tireur A adopte volontairement une garde
trop basse. B riposte en ligne haute par un latéral extérieur.
A, l’ayant
prévu, esquive en tombant au dernier moment en fente arrière
et touche en ligne basse.
A peut aussi choisir une esquive de la tête (la reculer légèrement)
et dans le même mouvement revient avec un brisé. Dans tous les cas, c’est l’anticipation qui favorise la feinte
de posture.
L’exemple 2: tourner autour de son adversaire rapidement et de façon
irrégulière afin qu’il ne soit jamais dans un bon axe
de frappe. L’exemple 3: il consiste à feindre un déséquilibre
(avant ou arrière) et faire croire à un mauvais positionnement
incompatible avec une attaque.
Un faux déséquilibre avant peut être corrigé subitement
en une position arrière avec fente arrière très tonique.
L’idée essentielle est d’imposer à son
adversaire un jeu de parades quasi automatiques afin de se créer des
opportunités
d’attaques. Plus on alterne les attaques droites et gauches, plus on
multiplie les changements d’axe (ligne haute et basse), plus le bras
de son adversaire se déplace en parade, plus les opportunités
d’impacts augmentent (un coup sur trois).
Préférer l’enchaînement [ latéral extérieur
ligne haute - latéral croisé ligne basse - latéral extérieur
flanc] à
[ latéral extérieur ligne haute - latéral extérieur
ligne basse - latéral extérieur flanc ]. L’intérêt
tactique des
enchaînements de même côté sera vu ultérieurement.
Afin de conserver les appuis, construire des enchaînements de 3 à 6
coups maximum. Les travailler : en statique et en déplacement, à vitesse
constante ou croissante et décroissante, avec inclusion de 1 à 2
feintes maximum.
Autre exercice : les deux partenaires exécutent durant
des reprises de 1mn 30 un travail de parade riposte. Le tireur A porte
une attaque, le
tireur B fait la parade adaptée (et non une esquive) et riposte.
A son tour, A fait la parade adaptée (et non une esquive) et riposte.
Puis à son tour, B etc.
Durant cet exercice où les tireurs attaquent chacun leur tour, chaque
tireur a pour mission de loger une feinte de temps en temps (2 à 3
feintes par reprise).
Tous les exercices se font dans les deux gardes et avec
des changements de garde. Ces derniers sont à inclure dans la construction d’autres
exercices.
Hélène et Bertrand
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